Les sept piliers de la sagesse – Thomas Edward Lawrence (1922)

Une véritable bible théorique de la guérilla.

Fort de ses 950 pages, c’est avec un long soupir de contentement teinté de nostalgie que je referme ce livre. Autobiographie littéraire s’il en est, celle-ci ne se contente pas de détailler la part consacrée à Lawrence dans le conflit opposant les Arabes aux Turcs durant la première guerre mondiale. Elle est aussi un carnet de voyage, un journal intime, un manuel de bord et une bible. Formidable tacticien et théoricien hors pair sachant mettre en pratique son savoir militaire, Lawrence jouera une part importante dans l’insurrection arabe. Et ce sont ces questionnements et ses doutes, ses craintes et ses espoirs qui sont le liant des descriptions (certes fastidieuses) des batailles qui ont parsemées les années de terrain de l’Anglais.

Faycal, le fils du roi, l’un des plus fidèles et puissants alliés de Lawrence.

Élève assidu, il passera son temps à accumuler de précieuses connaissances tactiques sur les Arabes ainsi que sur leurs modes de vies et de pensées. Calculateur et d’un esprit de déduction hors pair, il manipulera la psychologie arabe à son avantage, cherchant les failles de chacun en analysant du plus petit acte à la moindre parole. S’attirant facilement les grâces des gens qui croisent sa route, il fera montre de diplomatie tout au long de la campagne militaire. Mais d’humanité et de courage, il n’en était toutefois pas dépourvu, n’hésitant jamais à monter seul au front, devant une troupe surprise et admirative.

Une charge impressionnante et quasiment non-violente dont le militaire avait le secret.

Malgré des descriptions harassantes et répétitives, certaines scène sortent du lot et gardent encore tout leur impact un siècle plus tard. La mise à mort d’un compagnon en pleine fièvre, la recherche en solitaire d’un allié perdu en plein désert, son viol en plein emprisonnement turc. Nombreuses sont les pages dont l’on arrive pas à décrocher tant le niveau de détails est incroyable et la prose sublime chaque scène. De ses délires enfiévrés naissant une mathématique de la guerre à son amour du sado-masochisme, rien ne nous est épargné. Lawrence ouvre son cœur et son âme et nous éparpille chaque morceau sur des pages provocantes et inoubliables.

Même si les descriptions deviennent lassantes à la longue, les premières font preuve d’une poésie et d’un émerveillement sans faille.

Il ne me reste donc plus, afin de compléter pleinement l’ampleur de l’œuvre de Lawrence, de regarder l’adaptation réalisée par David Lean, multi-oscarisé et objet culte dont la renommée n’est plus à faire. Je parle bien entendu de Lawrence d’Arabie.

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