Abraham Lincoln, tueur de vampires – Timur Bekmambetov

Timur Bekmanbetov compte certainement engranger autant de recettes que son nom lui rapporte de points au Scrabble…

Les uchronies, c’est une idée formidable lorsqu’elles sont intelligentes et apportent leur pierre à l’édifice de l’Histoire. De nombreux écrivains ont pondus de fabuleux romans en utilisant ce procédé (je vous recommande d’ailleurs Le maître du haut-château de Philip K. Dick) Mais lorsqu’elles sont au service d’un scénario à la ramasse et d’un réalisateur dont la seule mention au générique me provoque des crises d’hilarité (Wanted quand même, qui valait uniquement le coup d’œil pour le plan sur les fesses d’Angelina Jolie), on ne peut qu’aligner 8€ pour la séance en gardant à l’esprit qu’on s’en va voir une comédie et non pas un film sur la vie secrète d’Abraham Lincoln, chasseur noctambule de nyctalopes assoiffés d’hémoglobine.

Ok, le clin d’oeil à Romero était sympa. Mais ça n’est que 3 secondes sur 6300 !

Le pire n’est pas tant la nullité de la chose, mais que les acteurs décident d’utiliser leur vrais noms au générique. Bekmambetov est une véritable moulinette à carrières: tous ceux qui figurent dans l’un de ses films ne figureront dans aucun autre (intéressant j’entends). D’ailleurs, Tim Burton semble vouloir mettre fin à la sienne car il apparaît comme producteur du navet. Sérieusement, Tim, si tu sais pas quoi faire de ton argent, je peux t’envoyer un RIB. Mais ne plaignons pas le pauvre bougre, il a vu de la fumée et il est rentré. Car de la fumée, tu t’en prends autant qu’en discothèque ou dans l’incendie d’une usine de pneus. Le budget doit être tellement minable qu’il nous leurre l’arrière plan et nous montre uniquement, pour toutes les scènes d’actions à partir de la moitié du film, des silhouettes découpées dans la pénombre et la fumée.

– Si tu veux, j’ai des fusils à sept canons qui peuvent transformer ton ennemi en tome de gruyère ! »
– Non merci, je vais utiliser ma hache parce que quand j’étais petit, j’étais bûcheron… »

Les scènes d’action, parlons-en ! Je pense que le réalisateur devait faire du break-dance en tenant sa caméra pour filmer des plans aussi improbables. Mais le pire n’est pas le contenant mais le contenu: entre un vampire qui invente une nouvelle discipline olympique (le lancer de cheval mesdames et messieurs !) ou Lincoln (simple hère humanoïde dans un monde peuplé de vampires rappelons-le !) qui fait du parcours d’obstacles sur des canassons au galop, je pense qu’on tient là une scène qui fera date dans l’histoire du cinéma. Le genre de scène que l’acteur principal va s’empresser de noter dans son CV en caractères gras. Je croyais qu’on atteignait le sommet de la connerie dans Wanted mais sur le mont Olympe de la déchéance cinématographique, Timur est venu en rajouter une couche.

Entre deux headshots, Lincoln a le temps de discourir devant le brave peuple américain. Un président qui ne compte pas ses heures !

Les acteurs, en plus de se demander pourquoi ils sont venus jouer dans cette daube intergalactique, alignent les répliques foireuses les unes après les autres. Il faut les entendre discuter, ça en devient presque gênant pour eux. Mais Timur pousse même la manipulation du temps jusqu’à faire vieillir parfaitement le personnage de Lincoln (il passe de 26 à 50 ans dans le film) sans se soucier des personnages secondaires ! On se retrouve avec son pote black qui n’a pas pris une ride, sa femme qui peut encore draguer les minots de 20 ans sans problèmes et le pote boutiquier de Lincoln a qui on a juste rajouter une barbe, semblable à celle du président, mais en version grise (la noire était déjà prise). D’ailleurs, quand on y regarde de plus près, on se rend compte que le pays est tenu (et fondé aussi !) par un tueur de vampires, un ancien esclave et un marchand (vous me direz, ils ont bien eu Ronald Reagan). Normal qu’ils se prennent une branlée par les Sudistes après !

La chair de tomates Lincoln ! Existe aussi sans ail !

Bref, je pourrais en parler des heures mais j’ai d’autres chats à fouetter et je ne voudrais pas vous gâcher le plaisir qui s’offre à vous si, dans un élan de pure générosité, vous voudriez laisser 8€ dans la poche de ce bon vieux Timur. A votre bon coeur !

2/10

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