Kingdom Of Heaven (2005)

Comme quoi un acteur peut vous empêcher de regarder un film pendant très…très longtemps.

Ridley Scott, je l’aime bien. Je l’aime beaucoup même. Il est tout de même à l’origine de certains des films que j’admire le plus. Il aura ma reconnaissance éternelle pour avoir adapter Blade Runner à la perfection et ses films parlant fréquemment du destin d’un seul et unique homme auquel on s’identifie rapidement. C’était le cas de Gladiator et c’est également le cas de Kingdom Of Heaven qui récupère cette aura épique et héroïque. Mais Orlando Bloom étant tellement une erreur de casting, je ne lui ai pardonné que récemment (c’est à dire hier) en regardant le film. Autant il me l’aurait vendu avec Liam Neeson en personnage principal (qui est d’ailleurs magistral malgré sa présence très réduite et qui aura fait un meilleur Robin des bois que Russell Crowe) que j’y courrais les yeux fermés, autant utiliser le hurleur de midinettes fraîchement sorti de la saga Pirates des Caraïbes m’a paru être une insulte au scénario.

 » Ridley, faut qu’on parle… »

Et puis je me suis laissé aller à cette épopée guerrière fleurant bon la bravoure, l’honneur et tout ces thèmes chers au cinéaste. Et le sel a pris. Je ne sais pas si c’est le jeu quasi mutique et inexistant de Bloom qui l’a remporté mais je dois dire qu’il a su s’imposer là où je ne l’attendais pas vraiment, c’est à dire en héros vaillant et bienveillant sachant aussi bien manier l’esprit que l’épée. Même s’il aurait pu gagner en saveur épique, Kingdom of Heaven reste un spectacle saisissant, révélateur d’une envie terrible du réalisateur de brasser l’histoire dans ses grandes largeurs en la revisitant à sa manière. Même si le film fut un échec au box office américain, le reste du monde – et principalement l’Europe –  l’a accueilli à bras ouverts, les Américains jalousant ouvertement notre immense histoire, encore fortement enracinée dans les mémoires aujourd’hui.

Une charge héroïque sur fond de soleil couchant: ça donne envie de s’engager…ou de devenir croyant.

Les batailles, sanglantes et peuplées, sont beaucoup moins foutraques que dans Robin des bois, mais moins sauvages que dans Gladiator. On y perd en lyrisme là où on y gagne en lecture. C’est pourquoi le film est à cheval entre la réussite et le ratage. Heureusement que la trame principale, mettant en scène la rivalité de deux chefs d’armées espérant récupérer le trône de Jérusalem, est lourde et suffit à nous contenter. Eva Green, la princesse rebelle, est partagée entre son devoir conjugal et son amour pour sa ville. Les personnages sont très bien écrits, parfaitement développés et le rythme est savamment distillé entre batailles féroces et questionnements moraux.

La fuite en avant est le meilleur moyen de précipiter le destin des protagonistes. Ridley l’a parfaitement compris.

Agréablement surpris, je ne rechignerai plus à lorgner du côté des prochaines réalisations de monsieur Scott, que le casting me plaise ou non. Et puis après tout, est-ce que faire endosser le rôle du héros à un playboy ne permet pas à nos chères et tendres de regarder enfin à nos côtés un film de guerre ?

8/10

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