Rollerball (1975)

Le sport comme propagande d’un univers dystopique: fallait y penser !

Du pain et des jeux ! L’univers de Rollerball pourrait très bien reprendre à son crédit le fameux slogan romain. Les êtres humains sont conditionnés à choisir le confort plutôt que la liberté. Ce choix leur est facilité par un cadre de vie idéal et la création d’un sport international appelé Rollerball. Deux équipes s’affrontent sur une piste circulaire où motards et joueurs en patins à roulettes doivent récupérer une balle métallique et la mettre dans un but aimanté. A première vue relativement simple, le sport prend tout son sens lorsque les règles changent à chaque match, et que tout les coups sont permis.

Les ouvertures de match se font sur fond de musique baroque. Impressionnant et solennel.

La société corporatiste décrite par Jewison dans le film n’est autre qu’une dystopie. Une dictature prenant des airs de rêve éveillé. Chacun peut vivre dans le luxe, du moment qu’il troque sa liberté contre celui ci. Politique, économie, pouvoir et savoir sont gérés par un nombre limité de personnes. James Caan, incarnant un joueur renommé, va chercher à savoir ce qui se trame derrière tout ça. Et alors qu’il est à l’apogée de sa carrière, les cadres dirigeants vont tenter de le faire tomber. Les jeux ne sont rien d’autre que la représentation télévisuelle d’une guerre entre états voisins ou pays voisins. L’entraîneur dit lui même, à la fin du film, que ça n’est pas un jeu et que ça ne l’a jamais été. Personne n’est dupe mais tout le monde continue à regarder et à participer à ces batailles sanglantes où l’être humain est une bête féroce à l’instinct de survie démultiplié par le nombre de caméras qui l’observe.

La finale est un summum de sauvagerie humaine et d’aliénation du public. Grandiose !

Entrant dans le panthéon des œuvres futuristes angoissantes à l’instar de Soleil Vert pour le personnage résistant ou La course à la mort de l’an 2000 pour le côté télévisuel et sportif, Rollerball s’inscrit dans une logique de dénonciation et de mise en abîme, la société capitaliste étant largement pointée du doigt tout au long du film. Caan trouve là un rôle à la hauteur de son talent. Seul contre tous, il porte le film et sa portée pamphlétaire sur ses épaules musculeuses et son charisme débordant lui permet de faire passer le message de façon presque subliminale. Le visionnage du remake, ne se contentant de garder que la forme plutôt que le fond, est d’autant plus inutile que l’original fait encore très bien son boulot.

8,5/10

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