Suspiria (1977)

« Sans puissance, la maîtrise n’est rien ». Ca s’applique aussi au cinéma !

Avant toute chose, je ne suis pas un fervent admirateur du cinéma de Dario Argento. Entendez par là que je n’ai vu que 3 de ses films et que de ce fait, il ne me sera impossible de mettre en parallèle Suspiria avec le reste de sa filmographie. Cependant, si mon avis compte pour quelque chose et qu’un œil novice en la matière peut s’y attarder, j’ai trouvé ça très surfait. Le film se trimballe une étiquette de chef d’œuvre et j’ai eu beau chercher, je n’ai pas trouvé la raison d’un tel emballement.

Le taxi est la seule difficulté linguistique que la jeune danseuse va rencontrer.

Faisant d’abord le tour des choses qui font que l’on doit s’attarder sur Suspiria. Les jeux de lumières et de couleurs sont vraiment impressionnants. L’univers visuel tend à transformer une simple histoire d’épouvante en véritable conte morbide. Alice aux pays des horreurs. Les acteurs sont relativement bons même si je n’ai pas du tout aimé le parti pris pour les dialogues: une Américaine vient étudier la danse en Allemagne et tout le monde parle…italien ! Arrêtez moi si je me trompe mais est-ce que la barrière de langue ou les mauvaises prononciations de dialogues en anglais n’aurait pas pu renforcer l’immersion du spectateur et permettre de jouer sur des quiproquos entre ce que voit la jeune danseuse et ce qu’elle comprend ? Mais les critiques sont pour plus tard… La musique minimaliste joue parfaitement son rôle et amène une ambiance pesante dans cette académie aux couloirs sombres et couleur sang. La mise en scène est certainement le point fort du film avec de multiples travellings fluides et aériens et une photo irréprochable.

Le rouge est la couleur la plus prononcée tout au long du film. Elle apparaît dès le début, dans l’aéroport.

Mais justement ! Est-ce qu’il faut enchaîner les plans incroyablement beaux et aligner les photos les plus extraordinaires pour faire d’un simple film un chef d’œuvre ? Car simple, il l’est dans son traitement et son scénario, qui est somme toute assez basique. Mais ça n’est pas le point négatif du film. De nombreux autres scénarios minimalistes sont nés des chefs d’œuvres intemporels. Il est juste étrange que Suspiria se pose comme l’un des meilleurs films horrifiques de tout les temps alors que la fin est complètement bâclée. Malgré la rapidité avec laquelle la jeunette se charge de la sorcière, on ne peut qu’admirer tout le travail de fond, les jeux d’ombres, le suspense creshendo et le thème principal qui revient comme pour nous hanter. Mais poser les bases de son film sur une sorcière qui occuperait l’établissement et torcher en 5 minutes le final, c’est juste du foutage de gueule.

Tout ça pour ça ?! Et puis tout s’écroule, comme le film…

Non sans rire, c’était une idée originale de prendre une histoire de fantôme (en l’occurrence de sorcière), le genre d’histoire que l’on raconte au coin d’un feu dans les bois, et d’en faire un long métrage. Mais si c’est pour que le soufflé retombe aussi vite qu’il est monté, on ne peut qu’en rire. Et même si l’image du zombie armé d’un couteau restera culte et a hanté ma nuit, ça reste peu pour s’attirer une telle réputation, d’autant plus que s’il s’agit d’un des meilleurs films du réalisateur, ça me donne moyennement envie de voir la suite…

6,5/10

Publicités
Tagué , , , , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :