The Best Exotic Marigold Hotel – John Madden

« Allo, patron ? J’aimerais poser des congés sans soldes…combien de temps ? Euh 3 mois… »

On a beau trouver mythique le flegme et l’humour britannique mais tous les acteurs de ce film en font preuve. Il est difficile à première vue d’apprécier un long métrage où les protagonistes sont tous âgés de plus de 60 ans. D’un part, ça ne nous parle absolument pas et leurs problèmes ne sont pas les nôtres. D’autre part, ils sont âgés et on a tendance à croire (à tort ?) que ce même âge va plomber l’ambiance du film. Mais si les personnages sont tous écrits avec énormément de sensibilité, de justesse et d’humour, alors leur âge avancé ne fait aucune différence car le spectateur n’y voit que des êtres humains comme lui et le reste de la salle.

Ils devaient distribuer des brochures pour des maisons de retraite dans le bus.

Même si le début est assez maladroit, il est inévitable. La galerie de personnages principaux est tellement importante que ce briefing explicatif a tout à fait sa place. Commencer le film par leur arrivée à l’aéroport aurait amené un rythme plus soutenu mais nous ne nous serions pas accrochés autant à certaines personnes (mention spéciale à Ronald Pickup et Maggie Smith). Et dès leur arrivée en Inde, la magie des décors opère. Les sons, les saveurs, les lumières, les odeurs. Ce sont nos cinq sens qui sont émerveillés par la beauté des lieux. Et si ça ne tenait qu’à moi, j’aurais pris un billet aller pour l’Inde dès la sortie de la salle.

Un p’tit coup de peinture et c’est comme neuf…

On est d’autant plus sensibles à leur arrivée qu’ils galèrent autant que nous lorsque nous allons dans un pays lointain et totalement étranger. Qu’ils rencontrent les mêmes problèmes que n’importe quel touriste et que leur âge n’a aucune influence sur leur perception de la richesse (et de la pauvreté) qui s’offre à leurs yeux. Chacun à une personnalité propre, bien trempée et on y retrouve un prisme de sentiments et de caractères qui régissent principalement le monde et qu’on retrouve en grande majorité chez n’importe qui d’autre. En tout cela, ils ne sont pas bien différents de nous tous si ce n’est qu’ils jouent à la perfection.

Même si la pauvreté a élu domicile dans chacune des rues de la ville, les sourires et les rires reflètent une joie de vivre incommensurable.

Car pour atteindre le cœur du public et jouer ce genre de sentiments sans sombrer dans le vulgaire pathos, il faut s’accrocher. On aurait très bien pu sombrer dans la farce tragicomique subventionnée par une agence de voyages mais on voit que Madden prend à cœur tous les problèmes inhérents à la vieillesse et qu’il fait du remords et du regret ses chevaux de bataille. Il est rare de voir des longs métrages mettant en scène des sexagénaires. Il est d’autant plus rare d’en voir des réussis. The Best Exotic Marigold Hotel fait sans contexte partie de ceux là.

8,5/10

La vue du Gange dure à peine cinq secondes. On peut aisément dire qu’il évite les clichés du film de voyages.

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