Crossing Guard (1995)

Jack Nicholson, c’est quand même un putain de bon acteur !

Partir au front avec un sujet aussi délicat, ça passe ou ça casse. Mais ça semble être la came de Sean Penn qui se jette à cœur perdu dans la bataille. On se dit que le tire-larmes n’est pas loin et qu’il en faudra peu pour sombrer dans la facilité sauf qu’il ne franchit jamais là limite, celle qui différencie un mauvais film d’un chef d’œuvre. Et l’on peut facilement ranger Crossing Guard dans la catégorie des masterpieces.

Les nuits sont agitées et dépressives. Les journées sont calmes et relaxantes.

Tout comme les décors, les deux acteurs principaux se tournent autour et s’affrontent telle une thèse et son antithèse. Le casting est impeccable et judicieux. Opposé Jack Nicholson, un acteur au charisme débordant et au visage terriblement flippant incarnant un père à la morale vacillante et David Morse, une carrure impressionnante mais un homme qui fait preuve de tempérance et d’un incroyable recul sur le drame qui les touchent est une idée de génie. D’autant plus qu’il s’agit de deux excellents acteurs qui mettent au service leur personnages une personnalité forte en quelques gestes ou expressions.

Nicholson traîne son fantôme tel un pauvre hère dans des ruelles sordides, noyant son chagrin dans des bouteilles d’alcool.

Le film pose une question primordiale concernant la vengeance personnelle: peut-on réussir à pardonner à un inconnu qui a gâché toute votre vie et celle de vos proches ? Il faut faire preuve d’une certaine forme de courage pour accepter son sort et continuer d’avancer mais c’est également le cas de la prise d’arme et de la vendetta. Et même si le sujet, proche et tout aussi touchant que dans Mystic River, et brûlant, il n’en reste pas moins maîtrisé de but en bout par des accès de fureur calculés et un scénario absolument limpide et efficace.

Les scènes où l’émotion est palpable sont légion mais on ne s’y habitue jamais.

Allant même jusqu’à me faire couler une larme lors de la scène finale, Crossing Guard arrive à nous faire réfléchir, nous émouvoir et nous divertir (ça reste tout de même un film) en même temps. J’ai beaucoup apprécié la dédicace à Bukowski qui, en y repensant, transparaît dans le personnage de Freddy incarné par Nicholson. Sean Penn montrait déjà avec son deuxième film derrière la caméra, qu’il allait être un réalisateur qui compte.

9/10

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