Cosmopolis – David Cronenberg

Pattinson deviendrait-il un bon acteur ? Après tout, Radcliffe tire bien son épingle du jeu.

Bon ou mauvais ? Réussi ou raté ? Je n’arrive toujours pas à me décider et ça n’est grâce à l’avis de la vingtaine de spectateurs sortis au compte goutte durant la projection que je vais me demander si Cronenberg s’est imposé en visionnaire. En tout cas, le pari est osé: adapter un écrivain post-moderne autant encensé que contesté dans le milieu littéraire ET offrir le rôle du personnage principal à Robert Pattinson, fraîchement sorti de la saga Twilight (toute sortie en même temps que l’adaptation du roman de Kerouac dans lequel joue Kristen Stewart n’est que pure coïncidence). Est-ce là le prix a payer pour montrer qu’en plus d’avoir une belle gueule, on sait jouer des personnages profonds et faire preuve de philosophie ? Est-ce la passerelle adéquate pour le réalisateur qui, après une incartade mafieuse des plus agréables, chercherait à reconquérir un cinéma plus humain, viscéral et expérimental ?

Sexe et pouvoir sont étroitement liés: l’un peut faire basculer l’autre à n’importe quel moment.

Quoi qu’on en dise, le nouveau film de Cronenberg divise. Autant par ses choix visuels qu’artistiques. Comment captiver le public en montrant un jeune trader spéculer avec des milliards de dollars dans sa limousine pendant plus d’une heure ? C’est le genre de question auquel on attend une réponse intelligente. Et elle nous ait donné par le biais d’une inexistence sentimentale auprès de Pattinson qui dilapide l’argent de ses concitoyens sans que cela influe sur son microcosme. Mais lorsque la réalité le rattrape et qu’il doit se frotter au monde extérieur (la scène de la tarte), c’est comme un coup de poing dans l’estomac. Une véritable révélation. Il se sent libre, se sent revivre mais tout en continuant à se croire invincible. Cette descente aux enfers tend à prendre forme après une heure de bobine mais il est trop tard: la philosophie balancée aux oreilles du spectateur lambda s’attendant à un Irréversible dans le milieu financier à déjà quitter les lieux avec injures et gestes obscènes en faveur de la toile projetant le film.

Ce genre d’images sont les plus choquantes. Des décisions influant sur l’économie mondiale sont prises par des jeunes adultes autour d’un verre de vodka, affalés dans les sièges en cuir d’une limo.

Est-ce qu’il faut pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain ? Je ne pense pas que Cronenberg soit à renier définitivement. Ce coup d’essai, même s’il est balbutiant, montre qu’il n’a pas dit son dernier mot et qu’il peut encore nous étonner. En tout cas, ce film montre que les OVNI cinématographiques ont encore leur place à Cannes mais, s’il te plaît, reviens à tes premiers amours.

6,5/10

PS: en cadeau, le teaser qui m’a convaincu d’aller le voir en salles.

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