The Crazies (1973)

La menace masquée est beaucoup plus terrifiante que le virus en lui même.

Avant d’être un réalisateur horrifique, Romero est avant tout un fervent dénonciateur sur l’estrade social. L’armée et le fascisme en prennent pour leur grade dans ce fascinant portrait d’une Amérique post-Vietnam. Les têtes pensantes estiment ne faire que leur devoir et tentent, par des procédés ignobles et l’intermédiaire des soldats, de contenir l’épidémie en instaurant la loi martiale. Mais sans communication préalable et en cherchant surtout à nettoyer les traces de leurs actes passés. Des décisions sont prises à la volée et les habitants de la petite ville sont parqués et considérés comme des simples statistiques (cf. le recensement), en même temps que des menaces potentielles.

Les fous contaminés: une variante intelligente de ses fameux zombies.

Le postulat de départ est très bon et instaure un climat de peur et de paranoïa efficace. Mais c’est sans compter sur la répétition des scènes et le manque de compassion pour les survivants qui plombent un peu le film et détruisent toute l’ambiance pré-apocalyptique, partie aussi vite qu’elle s’était installée. Subsistent tout de même de rares scènes choquantes comme la destruction des cadavres de jeunes parents au lance-flammes devant les yeux apeurés de l’enfant. Romero a le chic pour toucher là où ça fait mal et pointer les ignominies faites au nom de sa patrie et du bien commun.

Le patriotisme, la dernière armure avant de sombrer dans le fascisme.

La musique, qui a tant permis à ses précédents films d’apporter une couche angoissante à ses images, est très mauvaise ici. On passe à de la musique minimaliste lors des scènes avec les survivants à des roulements de tambour et de la pure musique militaire de camps d’entraînements lors des scènes martiales. Heureusement que la bande-son n’est pas le point fort du film. Brûlot écolo, The Crazies est donc un pamphlet violent et contestataire avant d’être une œuvre horrifique de qualité car Romero n’est jamais aussi bon que lorsqu’il manipule ces petits zomblards afin d’énumérer les défauts de ces concitoyens et de souffler un vent de rébellion et d’anarchie sur l’État souverain.

7/10

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