Hardware – Richard Stanley (rétrospective aux « Hallucinations Collectives »)

Il est venu. Je l'ai vu. Il m'a convaincu.

Même deux jours après avoir enchaîné de la pellicule, je suis incapable d’oublier ce film. Nombreux sont les plans qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Véritable découverte pour moi, je ne connaissais ce Richard Stanley que de nom et ces films n’avaient jamais eu l’occasion de passer entre mes mains. Mais c’est chose faite à présent. Et en salles s’il vous plaît ! Après la claque que fut la séance, mon esprit me rappela qu’en réalité, je connaissait déjà ce réalisateur sous un autre nom: Dieu.

Quelques plans lui suffisent pour rendre icônique un personnage. Du génie à l'état pur.

Car là, on touche au divin. Le Saint Graal du premier film. « On aurait pu réaliser 160 fois Terminator avec mon budget », ironise le réalisateur. Mais sous cette pellicule de dérision se cache un réel talent. Stanley est un débrouillard, un baroudeur de la bonne idée qui tue. Son imagerie est puissante et l’ambiance post-apocalyptique qui s’en dégage prend d’emblée, dès le lancement de la bobine. On est comme subjugué par ce qu’on voit, la force révélatrice des plans renforcée par la couleur orangée omniprésente dans les scènes d’extérieures. Les détails les plus simples (la saleté des personnages, le taxi, la ville) donnent du crédit au réalisme et à la proximité de l’action, le film se déroulant au 21ème siècle.

Stanley ne perd jamais de vue le moteur de son film.

Multipliant les couches, Stanley s’attaque à de nombreux genres. Des nouvelles technologies de la science-fiction en passant par l’oppression du huis-clos, flirtant parfois avec l’horreur lors de certains passages (l’assaut de l’appartement), chaque genre s’imbrique parfaitement tels les pièces d’un puzzle. De Terminator à Blade Runner, de Mad Max à Alien, on pense à tout ce que le cinéma nous a offert de mieux dans le genre sans jamais recopier, ni suggérer que l’on se sert d’un thème déjà utilisé. Hardware est un grand film à ranger parmi les plus grands, même s’il reste à part.

Quand votre robot-ménager essaie de vous violer, il faut commencer à se poser des questions.

Maîtrisé du début à la fin, le fil directeur est toujours visible, malgré des allers et venues sur plusieurs thématiques comme la lâcheté de l’état, l’individualisme, la folie, la peur de l’avenir et l’amour. Mariant à la perfection tous ces éléments dans un univers cyberpunk incroyablement riche, Hardware n’avait pas besoin de plus pour obtenir mes faveurs. Et lorsque le climax final est une leçon de cinéma, on dit Amen et on admire.

9,5/10

PS: en cadeau, le speech de Stanley avant la projection.

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