La dame en noir – James Watkins

Comme le film est interdit aux moins de 12 ans, ils crèvent les yeux des fraudeurs à l'entrée. Si si, j'vous jure !

Je n’aurais jamais cru Daniel Radcliffe capable de porter un tel film sur ses épaules. Je pensais même qu’à la place d’avoir les jetons, je reconnaîtrais Harry Potter déambuler dans un manoir hanté et que de ce fait, l’épouvante ne fonctionne plus. Mais il n’en est rien. Même s’il peine à faire oublier au début son personnage de sorcier, il campe à merveille ce notaire londonien, toute jeune recrue d’un cabinet qui lui demande de faire ses preuves en revendant une bicoque. Hommage louable aux films qui ont fait les beaux jours de la Hammer, La dame en noir s’inscrit dans la traditionnelle lignée du film fantastique au charme gothique.

- "Pff...Poudlard me manque tellement !"

Véritable train fantôme, Watkins ne nous épargne aucun cliché, lui qui avait su insuffler un nouveau souffle au survival avec son poisseux Eden Lake. Poignées de porte, empreintes de pas, chuchotements, cris: tous les ingrédients de la recette d’un film de maison hantée sont là. Cependant, le talent du réalisateur est de ne pas les disséminer tout au long de l’œuvre. Dans ce film, on se prend tout dans la gueule sans un seul temps mort. Radcliffe devient donc une proie à part entière, perdant le sommeil et sombrant peu à peu dans une paranoïa totale. Le problème avec son personnage, c’est que même après tout ça, il garde des cojones d’acier et part affronter le moindre craquement de plancher avec pour seule compagnie une bougie. Il faut le voir lutter dans le marais comme un forcené ! Il donne de sa personne le bougre !

Les enfants m'ont toujours fait flipper depuis Shining...

Casser une image est d’autant plus dure que là, ça nécessitait de porter un film sur ses épaules. Radcliffe a eu cette chance et les quelques personnages qu’il rencontre ne sont là que pour étoffer le tableau macabre. Les paysages de campagne anglaise plongent direct dans l’ambiance et l’époque et la maison située sur un promontoire rocheux envahi par les eaux à marée basse est tout simplement terrifiante, personnage à part entière et personnification de toutes nos peurs. Les jumps scares sont légions mais temporisés et efficaces.

Des rails solides et un rythme soutenu: un train fantôme réussi.

Même si la fin téléphonée gâche un peu le plaisir coupable que j’ai eu à m’offrir une frousse plutôt réussie dans l’ensemble, le film ne perd jamais son identité en chemin et, tout en empruntant énormément d’éléments à ses prédécesseurs, arrive à garder sa propre aura et à déposséder Radcliffe de l’âme d’Harry Potter. C’est déjà pas mal !

7/10

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