Les révoltés de l’an 2000 (1976)

Et non, ce n'est pas un énième film de zombies !

Titre ridicule s’il en est, le film de Serrador ne l’est pas pour autant. Malgré un scénario minimaliste, il parvient à insuffler à sa pellicule une imagerie léchée et une ambiance malsaine, s’imposant dans la cour des grands, au côté d’Argento et de Carpenter. Le fantastique est ici amené de manière documentaire. Le générique, balayant bon nombre de conflits, nous montre sous un jour nouveau la principale victime de ces vagues de violence: les enfants. Et il ne fait pas que nous les montrer mais nous explique en détail chaque situation afin de malmener son spectateur et lui faire prendre conscience que ce qui va suivre n’est en réalité qu’une simple justice et qu’au regard du nombre de tués durant les guerres, ce qui se passe sur l’île d’Almandora est ridicule, faussant ainsi notre jugement sur la cruauté des actes qui vont s’y  dérouler.

L'un des plans les plus flippants du film.

Rappelant étonnamment Le village des damnés, Serrador opte pour un choix des plus couillus: tourner son film en plein jour, évitant ainsi les pires clichés mais s’imposant une ligne directrice différente de ce que l’on connaît. La maîtrise de sa caméra est donc sa meilleure alliée et le film gagne ainsi en idées géniales ce qu’il perd en suspense gratuit. Un mal pour un bien donc car les enfants paraissent si monstrueux le jour qu’une fois la nuit tombée, le palpitant s’excite et la tension gagne en intensité. Le couple au centre de ce jeu du chat et de la souris macabre nous est présenté comme quelqu’un de sympathique et apte à porter un jugement sur ce qu’ils devoir décider, eux même parents de deux enfants.

Une chanson douce que me chantait ma mamaaaaaaaaannnnn !

S’aidant du contraste entre les visages ingénus et attendrissants des enfants et la violence et la cruauté de leurs actes, le spectateur se sent obligé de plonger dans la réflexion qui est l’âme même du film (et le titre original) et d’y apporter sa réponse: serait-on capable de tuer un enfant ? Tant qu’il reste une victime collatérale, leurs morts semble n’être qu’une vulgaire statistique. Mais lorsque la question est posée de manière frontale, Les révoltés prend une tournure morale soulevant des enjeux délicats et brisant un tabou auquel tout spectateurs est amené à réfléchir, parents ou non.

A vos marques...Prêt...Feu !!!

La fin, d’un pessimisme sans bornes, finit de consacrer le film comme une merveille du cinéma fantastique espagnol, ne prenant pas de gants avec le public en lui administrant des scènes chocs et perturbantes. On regrettera juste que le mari, au courant des agissements des enfants, ne s’arme pas plus tôt, permettant ainsi de montrer combien de temps il pouvait tenir avant d’en faire l’usage.

9/10

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