Cheval de guerre – Steven Spielberg

Plusieurs destins reliés par...un cheval. Y'avait que Spielberg pour magnifier ça !

Y’a un moment que je rôde autour d’une séance possible pour ce Cheval de guerre mais en vain. Et c’est quand on s’y attend le moins qu’apparaît l’occasion de se tartiner le dernier Spielberg. Et je dis bien « tartiner » car 2h30 de pellicule avec pour héros du film un canasson, faut vraiment apprécier le cinéma du gonze. Mais devant une filmographie si incroyable, je ne pouvais que m’incliner. Et étant donné que l’époque de la première guerre mondiale peut être prétexte à un sacré spectacle visuel, je me suis pas fait prier. Merde ! Spielberg, c’est quand même Il faut sauver le soldat Ryan quoi ! En terme de conflit mondial, il se pose là !

Dommage que le scénario soit beaucoup trop manichéen.

Malgré une ouverture casse-gueule qui ne laisse présager rien de bon (ça ressemble à un téléfilm du dimanche après midi), on se laisse doucement emporter par la maestria visuelle mise en œuvre pour magnifier le cheval. Porte étendard de la bravoure des hommes et victime impuissante de leur folie, Joey (le cheval donc) traverse les années et les champs de bataille, transportant avec lui les stigmates de la guerre (plaies, peurs, compagnons d’infortune,…). Acteur à part entière, on se laisse berner par le génie de Spielberg qui transforme cet animal en un héros charismatique et non dénué de morale. Véritable tour de force, il arrive, par le biais de sa mise en scène et d’un scénario au cordeau, à amener toute sa thématique qui lui est chère: la dualité, la famille, l’espoir et la souffrance.

Cheval de guerre: un buddy-movie équestre ?

Même si on se rend bien compte qu’il s’agit d’un Spielberg mineur, Cheval de guerre arrive à transcender l’étrangeté de son scénario par des plans magnifiques (l’exécution cachée par les pâles du moulin, la découverte d’une jeune fille par les yeux du cheval,…) et par un sens du rythme à toute épreuve. Bien que la durée puisse faire peur, le temps passe si vite et les changements de propriétaire de Joey sont si bien pensés qu’on reste ancré dans la narration du début à la fin. Magistral lorsqu’il s’agit de montrer l’horreur du champ de bataille, Spielberg ne s’arrête pas là pour justifier la réalisation d’un tel film. Cheval de guerre condense tout le cinéma d’un grand homme qui ne cesse d’évoluer et de réinventer le 7ème art.

Un cavalieeeeer qui surgit hors de la nuiiiiiit, couuuuurt vers l'aaaaventuuuure au galoooooop !!!

On pourra donc regretter amèrement le côté feuilleton et brouillons de certaines scènes, le manichéisme du scénario (les Allemand sont des enfoirés et les Anglais des sauveurs), une musique omniprésente et le mauvais choix de l’acteur incarnant Albert, le dresseur de Joey. Reste qu’il s’agit d’une œuvre qui ne déteint pas dans la filmographie du maître et qui mérite qu’on s’y arrête pour son originalité et sa réflexion sur la définition de la guerre et de ses travers.

7/10

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