Enter The Void (2009)

J'ai du me mater un film en noir et blanc dans la foulée pour réhabituer ma rétine...

Edulcoré, l’image l’est très certainement. Mais le sujet porté à l’écran par Gaspar Noé l’est beaucoup moins. Amour, mort, vie, sexe. Enter The Void est un peu un épisode d’Il était une fois la vie PG 18. Il faut avoir le cœur et le corps bien accroché pour subir les assauts de la caméra volatile du réalisateur qui n’hésite pas à pousser encore plus loin son concept de mise en scène déjà aperçu dans Irréversible. Travelling jamais vus, plans séquences ahurissants, orgie de couleurs et de sons. C’en est presque insupportable pour un spectateur qui ne serait pas sous acide. Noé atteint ici la limite de ce que le cinéma indépendant offre de mieux, la franchissant même en offrant une vision trop personnelle d’un trip auquel il faut accrocher sous peine d’être largué.

Il m'a aussi fallu un petit cachet à la fin du film...mais pour la migraine !

Libre interprétation du livre des morts tibétain, on assiste à une version dépravée de la spiritualité bouddhiste. J’ai moi même cru que mon âme sortait de mon corps mais en fait, c’était le sommeil qui venait me chercher. Véritable berceuse visuelle, les flashs de couleurs omniprésents agressent tellement les yeux qu’ils cherchent à se protéger. La projection astrale, au centre du film, sert à la fois à expliquer cette multitudes de plans aériens et la légèreté de l’œuvre. Car Noé est très poseur. Certes, il a le mérite de transgresser les lois de l’apesanteur et de permettre à son public d’assister à un long métrage unique, mais c’est tellement perché que la menace du décrochage plane à chaque plan.

L'Asie a son lot de plans de foetus mais ça doit être le premier en France !

La provocation est à chaque coin de pellicule. De la drogue au sexe, de la scène d’avortement aux personnages sans morale, on a droit à une œuvre sans concessions, évitant les clichés et cherchant une lueur d’humanité dans un Tokyo coloré mais pourtant si sombre. Je savais à quoi m’attendre avec le monsieur mais il y va fort. Trop fort pour moi car j’ai beau tenté de m’accrocher et de le regarder sans fatigue, il a tout de même réussi à m’achever. Trop avant-gardiste ou trop foutraque, Enter The Void joue dans les deux camps en provoquant le débat et en étant en marge de tout ce que le cinéma a connu auparavant. Une véritable expérience ? Oui Une bonne expérience ? A vous de juger.

6,5/10

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