1984 – George Orwell (1949)

Cette couverture est une parfaite retranscription imagée des trois parties du roman.

Visionnaire, il l’est. D’actualité, pas encore mais ça ne saurait tarder. Orwell bâtit sa renommée avec ce livre, l’un des premiers à décrire un régime totalitaire complet. Aldous Huxley avait déjà emprunté cette voie avec son dérangeant Brave New World 15 ans plus tôt, inspirant même Georges Lucas pour son THX 1138 où la pâleur des décors et des sentiments des personnages résonnent parfaitement avec le monde dystopique du britannique. 1984, on le connaît tous. Ou du moins, on pense le connaître. Sans l’avoir lu, on peut facilement citer le Big Brother, cette figure paternaliste gouvernante représentant le Parti et donnant forme humaine aux pratiques dictatoriales de l’Oceania, le pays dans lequel se situe l’histoire.

"Je dis STOP ! Marre de faire la vaisselle !"

Big Brother (ou le Parti) installe un climat de peur en insufflant via la propagande contrôlée un souffle guerrier sur la totalité du globe. Les conflits au delà des frontières de l’Oceania déchirent le monde et la production doit être assurée afin de pérenniser le régime. Si vous avez des pensées contraires à ce point de vue, vous mourrez. Si vous ne vous pliez pas à ce point de vue, vous mourrez. Voila à peu de choses près l’ambiance glaciale qu’impose Orwell à son lectorat. Une dictature brutale et ultra-contrôlée. Le romancier trouve même le moyen sadique de permettre aux membres du Parti de libérer ses pulsions meurtrières et inassouvies (le sexe est proscrit) durant Les 2 minutes de la Haine, sorte d’exutoire télévisé où tout le monde se rassemble afin de crier sa haine à un ennemi du Parti. Même si chacun sait que son voisin aimerait trancher la gorge de Big Brother, il se doit de jouer un rôle et de faire croire à tout un chacun qu’il déteste l’ennemi du Parti: Goldstein.

"Si Big Brother ressemble étrangement à Hitler, ça n'est pas si anodin."

Le roman est découpé savamment en trois parties bien distinctes que l’on pourrait résumer ainsi: Enfer, Paradis et Purgatoire. A l’image de la Divine Comédie de Dante, Winston – le héros du roman – va voir sa vie morcelée en épisodes plus ou moins douloureux. La première partie permet d’expliquer les rouages du Parti, la seconde retrace son idylle amoureuse avec une autre membre du Parti. Quand à la dernière, nous vivons aux travers des yeux de Winston son emprisonnement et l’application que met Orwell à punir les crimes par la pensée. Cette fin en aura inspiré plus d’un (je pense notamment à Terry Gilliam pour la fin de son Brasil). 1984 est donc un roman qui résonne encore aujourd’hui comme une œuvre majeure et qu’on ne peut se permettre d’oublier.

PS: en cadeau, la pub Apple réalisée par Ridley Scott en…1984. Tiens donc !

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