Sherlock Holmes 2: a game of shadows – Guy Ritchie

– « Relax, vieux ! Prends la pose. » – « Non mais tu vois pas qu’il y a une ombre qui nous attaque ? »

Ah il est loin le temps des Snatch, des arnaques et de la botanique. Le seul élément récurrent du cinéma de l’ex-mari de Madonna reste les crimes et c’est peut être là où il excelle le mieux, quoi qu’il s’agisse là de tout faire péter en moins de deux heures. Sherlock Holmes, c’est un peu le premier héros de littérature ayant fait naître les buddies stories, ces histoires où un duo hétéroclite – de bras cassés la plupart du temps – s’allient pour le meilleur et pour le pire afin de combattre un ennemi commun. Et cet ennemi n’est autre que le non moins célèbre Moriarty, génie criminel et égocentrique assumé. Après un premier épisode réussi dans lequel son style s’accorde à merveille avec le côté gipsy de l’époque (l’orientalisme britannique du 19ème), Ritchie transforme l’essai avec ce jeu d’ombres qui fait toute la lumière sur le conflit que se livrent les deux rivaux mais aussi sur le côté homosexuel du détective.

« Je ne vois absolument pas de quoi vous voulez parler, Jack ! »

Loin de moi l’idée de vouloir travestir l’idée que vous vous faîtes du personnage, mais alors que l’un – Watson – se décide à se marier, l’autre – Holmes –  fait tout pour tenter de l’embarquer dans l’autre direction. Mais ce côté là n’apparaît qu’au travers d’un brève échange sur l’utilité du mariage, ou d’une scène ridiculement petite durant laquelle la première véritable réplique à double sens est lancée (cf.image). Car à l’inverse des romans, Guy ne s’attarde absolument pas sur le développement de ses deux compères. Ca serait perdre du temps sur l’action et de l’action il y en a. Savamment dosée, parfaitement orchestré et rudement bien filmé, même s’il devrait arrêter de prendre du speed lors de certains tournages de scène. L’exemple type de son style se retrouve parfaitement durant la fuite dans les bois où il abuse abondamment de la shaky comic cam (ouais, je trouvais que ça le faisait bien) avec ces fameux plans dans lesquels ses acteurs donnent l’impression de sortir d’une bande dessinée, à l’instar de plans tirés de RockNRolla.

Bon ok là c’est pas du tout parlant mais c’est pile dans cette scène que vous verrez de quoi je parle…

En même temps,avec une mère qui avait pour nom de famille Parkinson, faut pas s’étonner qu’il se soit tourné vers cette caméra pour rehausser l’aspect bigger than life de certaines scènes. Mais elles s’intègrent bien au scénario qui, en plus d’être un road movie initiatique sur la sexualité de Sherlock Holmes, et un buddy movie détonnant qui aligne les bons mots et les réparties cinglantes et délirantes. Le flegme britannique est le mètre étalon qui a servi à ponctuer aussi bien les répliques que les boutades et les mimiques que se lancent à foison le British versus l’Ecossais. La majeure partie du public attend à présent la fameuse scène de sexe entre Watson et Holmes qui aura lieu dans le troisième opus. Reste à savoir qui des deux fera la femme. Moi, j’ai déjà ma petite idée…

8/10

– « Moi j’aimerais bien qu’ils changent de rôle au cours de l’ébat. Ca serait cool et du jamais vu dans un blockbuster ! » – « Vous êtes complètement malade, mon jeune ami. C’est le chien qui fera la femme, bien évidemment. »
Publicités
Tagué , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :