Millenium: the girl with the dragon tatoo – David Fincher

L'affiche de promo de la prochaine collection Jean-Paul Gauthier...une idée novatrice du prêt à porter.

Fincher, c’est un peu un demi-dieu dans la grosse machine américaine. Je dis demi car même si les studios de production salivent devant les recettes de chacun de ses films, on tente tout de même de lui mettre des bâtons dans les roues. Pour l’adaptation du premier opus de la trilogie de Stiegg Larson (le frère de Nicky), c’est la censure qui est venu le carresser dans le sens contraire du poil, prétextant que des scènes étaient trop hardcore et que son film était trop long. Mais une adaptation n’a que faire de tout ça. Si on donne le feu vert à une transcription cinématographique d’un roman, aussi violent soit-il, on est obligé de faire avec tous ces petits aléas qui réduisent le public (il aurait mérité un PG 16 si le balai que les censeurs ont dans le cul n’avaient pas balayés les morceaux chocs) et font couler de l’encre. Et c’est là tout le sel d’une adaptation réussie. Réussir à distiller l’âme de l’œuvre originale sans perdre son identité. Fincher l’a plutôt bien compris.

"Ne bouge pas ! Il faut juste que j'arrive à retirer cette scène de viol et...ah !!! Ca y est !"

C’est donc bec et ongles qu’il a défendu son film, quitte a s’affranchir d’une partie du public. Mais c’est sans compter sur la tribu de fans qui le suit depuis Fight Club et qui vont voir tous ses films les yeux fermés (enfin non peut être pas sinon ça servirait à rien). Génie artistique et visuel, conteur hors pair et directeur d’acteurs efficace, son casting plutôt hétéroclite fonctionne à merveille à l’écran. Mara vole carrément la vedette à un Craig excellent mais relativement passif face à la fougue de la jeune actrice, complètement transfigurée pour le rôle. Fincher, petit coquin qu’il est, l’avait déjà testée dans son Social Network. Qui aurait pu penser que la jeune et jolie Rooney mettrait à l’amende tous ses détracteurs, à commencer par les fans du film qui la trouvaient trop « propre sur elle » ? C’est sûr qu’il y a un fossé gigantesque entre les deux personnages, mais qu’elle n’a pas hésité à franchir. Grand bien lui en fasse !

Pile ou face ? Rooney peut être les deux côtés d'une pièce. N'empêche qu'on s'en taperait bien une tranche...

Aussitôt, le film fait penser à Seven et à tout le mythe qu’il véhicule. Un tueur en série, une mobile plus ou moins religieux, un duo discordant et un temps de merde. Cette fois, c’est la neige et non pas la pluie la véritable plaie de l’enquête. Malgré cela, on se rapproche plus de Zodiac (vous me direz, c’est aussi un tueur un série…) pour le côté minutieux de l’enquête et le véritable travail de fourmi qu’elle représente. Quoi qu’il en soit, Fincher a appris de ses erreurs et ne nous joue plus le coup des longueurs chiantes. Non ! Elles sont toujours là mais parsemées de tension invisibles ou d’enjeux dramatiques intenses. Bref, on ne s’ennuie pas une seule seconde et c’est tant mieux car s’il s’avère qu’il veut adapter la trilogie dans son intégralité, il avait plutôt intérêt à pas se louper. Allez, en cadeau, le générique du film qui fait battre les p’tits coeurs à 200 à l’heure tellement c’est lourd de sens et beau à en crever.

9.5/10

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