Une nuit – Philippe Lefebvre

Ca sent l'homme...enfin le Mann quoi !

Le cinéma français se porte très bien depuis un p’tit bout de temps. On a droit à des VRAIS films et pas 3 comédies dramatiques ou satire sociale toutes les semaines. Une nuit fait partie de ces films qui rehausse l’image du cinéma français d’une part auprès du public qui commençait à grave s’impatienter que le cinoche frenchie se sorte les doigts du cul et d’autre part, auprès du cinéma étranger. On ne va pas aller jusqu’à dire qu’on fait beaucoup d’ombre au cinéma américain mais ces derniers nous jalousent quelques réussites: Nuit blanche va déjà être remaké…à l’instar de Bienvenue chez les Ch’tis mais bon, chacun a les références qu’il peut. On sent tout de même l’influence outre-Atlantique où la ville – Paris en l’occurrence – est filmée tel un personnage à part entière comme dans la plupart des films de Michael Mann (Heat, Collateral,…)

"Michael ! Les sales petits froggies ont piqué ton style ! Tu veux que je leur envoie Vincent ?"

Mais si on devait comparer à un autre réalisateur français, je pense qu’Olivier Marshall serait en haut de la liste. On a là une histoire qu’il n’aurait pas renié, des personnages au passé trouble et une frontière entre flic et voyou très mince. Mais Lefebvre a la brillante idée de retirer tout ce qui fait la lourdeur du cinéma de Marshall: ses répliques trop ampoulées pour être vraies, son pathos dérangeant, les élans d’émotion qui tombent à plat. Là, tout est sec, aride. Roshdy Zem passe une nuit sans vraiment lever le pied, jonglant entre son pote Tony, les dealers de coke et les mafieux Pigaliens. Mais il ne faut pas croire qu’il n’y a pas de bonnes répliques bien pensées. D’ailleurs,des répliques, il n’y a que ça. Simon Weiss, incarné par Zem, sait délier les langues à coups de punchlines plutôt que de crosse. En véritable bulldozer, il ne prend pas de gants pour aller secouer la merde des beaux quartiers sauf qu’en y touchant sans protection, il finit par en avoir plein les paluches.

"Toute une nuit à aller mater des gangsters. Tu veux pas que j'te masse la nuque un p'tit peu ?"

Cependant, y’a un véritable problème de fond dans ce film. Est-ce que c’est vraiment comme ça que fonctionne la brigade mondaine ? Non parce que si ce qu’on voit dans le film est véridique, je vais ouvertement m’insurger contre le pognon qu’on laisse à l’Etat pour payer les fonctionnaires de police. Sérieusement, est-ce que vous avez déjà vu un boulot où tu te promène tranquillement en rentrant dans n’importe quelle boîte ou club échangiste – GRATUITEMENT ! – et où tu te fais des contacts pour toucher du blé sur la majorité des trafics connus sans que personne ne te tombe sur le paletot ? Si c’est ça être flic, alors je veux en être. Notre Bad Lieutenant national a vraiment tout compris. Suffit d’y aller en douceur et ça passe comme dans du beurre.

8.5/10

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