Le Pacte – Roger Donaldson

Les Asiats ont toujours eu le sens de l'affiche !

Oui alors je préfère vous informer tout de suite mais les affiches que vous verrez ne seront que très rarement celles que vous avez l’habitude de croiser dans votre multiplexe préféré pour la simple et bonne raison que de nos jours, le métier d’afficheur est en train de péricliter. Ou du moins je l’espère car les affiches qu’ils osent nous pondre ces dernières années ne méritent même pas d’être regardées. Les Asiatiques et les Italiens savent encore parfaitement teaser notre regard avec des placements de personnages intelligents, de l’originalité et de la créativité qui font la joie de nous autres blogueurs cinéphiles. Croyez-moi, est-ce que ça n’aurait pas été impoli de commencer mon premier article de l’année par ça ?

Soyons sérieux 5 minutes ! Ca ne vaut même pas une jaquette de DVD...

Vous me direz, cette affiche à le mérite d’ensoleiller la nouvelle moumoute de Nicolas – qui ne lui va pas trop mal au passage – à moins que ça ne soit ses véritables cheveux. Quoi qu’il en soit, je la trouvais pas franchement attirante, tout comme la bande annonce. Bon, je vais pas vous faire un pamphlet sur les afficheurs et les monteurs de trailers mais j’en aurais le droit car rares sont les bandes annonces qui ne dévoilent plus les films 1) en 3 minutes 2) dans l’ordre chronologique 3) en montrant les meilleurs morceaux. Ne vous rassurez pas, aucune mention est inutile. La bande annonce du Pacte de Donaldson est l’une des raisons qui a failli m’empêcher d’aller voir le film. Celle qui m’a fait changé d’avis est Donaldson lui même. Je ne veux pas dire par là qu’il est venu directement chez moi me supplier d’aller voir son nouveau film mais c’est son aura de réalisateur d’actionner burnés qui a pesé dans le balance.

"Jack, je sais que t'es un mec bien, alors m'oblige pas à t'envoyer mon pote te casser les deux jambes et va voir mon film..."

Le fils de Donald, c’est quand même une sacrée chiée de putain de bons films: Guet-Apens, Braquage à l’anglaise, Sables mortels et j’en passe. Je me devais de lui laisser sa chance et autant dire que j’ai bien fait. Je dois vous avouer que j’avais très peur de 2012. Non pas parce que c’est la fin du monde – on doit tous y passer un jour ou l’autre de toute façon – mais juste parce que 2011 contenait de telles pépites que j’avais peur de cette nouvelle année. Le Pacte se pose comme un excellent thriller paranoïaque, pas poseur, pas intelligent (dans le bon sens du terme: entendre « prise de tête »), bien rôdé et superbement emballé.

« Après que sa femme s’est fait violemment agresser, Will Gerard est contacté par une mystérieuse organisation. Face à une police inefficace et incompétente, un groupe de citoyens s’est réuni pour faire respecter la justice. Ils proposent à Will de venger sa femme en éliminant le coupable. En échange, Will devra leur rendre un service plus tard. Lorsqu’il comprend que, pour effacer sa dette, il devra lui aussi tuer un homme, il va réaliser qu’il est pris au piège. »

STOP ! Alors là, on arrête tout de suite ! QUI a piqué cette idée ??!!!

L’histoire pioche allégrement dans La nuit des juges mais Donaldson n’est pas Hyams et Nicolas Cage est encore moins Michael Douglas. Les ressemblances s’arrêtent là. On est là pour se divertir avant toute chose mais également pour réfléchir à la définition de la justice. Comment refuser l’aide d’un homme qui se propose de liquider l’agresseur de votre femme contre un minuscule service ? Quand on a pas le temps de réfléchir ni les idées claires, difficile de ne pas être tenté. Mais lorsque ce service prend des proportions énormes et que, par un concours de circonstances, vous vous retrouvez traqué par les méchants et les gentils, ça devient un peu plus emmerdant. Moi, j’aurais préféré que Nicolas Cage quitte sa femme joué par la jolie January Jones (ça fait beaucoup de j) en lui disant qu’elle l’a bien mérité et qu’elle avait qu’à pas casser les couilles de Don Draper sur 4 saisons mais l’intérêt du film aurait subitement disparu. A côté de ça, Cage tombe dans le panneau du service à rendre comme quand tu t’inscris à France Loisirs et que tous les 3 mois, tu reçois un putain de catalogue pourri dans ta boîte aux lettres qui t’oblige à acheter un de leurs bouquins avant la date limite marquée en grand et en rouge sur plein de papiers à renvoyer sous peine de recevoir la sélection de la boutique qui s’avère être le plus souvent un livre dont tu n’as absolument rien à carrer. Et bien là, c’est pareil, il se fait harceler du matin au soir – même le dimanche ! – et on le force à faire des choses contre son plein gré, même qu’on lui laisse des messages avec les magnets des Petits Filous sur son frigo et que lui, ben ça le fait peur.

" Alors comme ça t'es qu'un sale violeur ?! Allez ! Vas-y ! Montre-moi ce que tu sais faire..."

L’histoire se passe à la Nouvelle-Orléans mais le décorum est très pauvre et cette ville – véritable second personnage par son côté dévastée – aurait eu le mérite d’être montrée comme il se doit afin d’accentuer l’impression de ce besoin d’une justice citoyenne. Ca reste quand même un très bon petit thriller musclé qui a la chance de sortir en début d’année et qui s’évite ainsi d’être montré du doigt par les critiques des magazines de ciné si jamais en 2012, quelqu’un fait beaucoup mieux.

8/10

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